La sélection des matériaux dans le cadre d’une démarche de construction et d’aménagement durable s’appuie sur différents types de critères :
Les critères techniques classiques :
Les critères de coût :
Les critères environnementaux :
Choisir des matériaux de construction dont le cycle de vie serait plus respectueux de l’environnement relève également d’une approche multicritères :
Il n’est pas si simple de trouver le meilleur « éco-matériau » car l’information disponible s’avère parfois insuffisante lorsque l’on a besoin d’une vision globale incluant tous ces paramètres. Car le développement durable oblige à penser global, en raisonnant sur l’ensemble du cycle de vie du matériau, depuis l’extraction et l’emploi des ressources naturelles, la fabrication, le transport et la mise en œuvre sur le chantier jusqu’à l’élimination en fin de vie.
L’empreinte écologique d’un matériau est conditionnée d’abord par la quantité d’énergie nécessaire à chaque étape du cycle de vie. Entre aussi en ligne de compte la durée de vie pour rentabiliser les prélèvements de ressources effectués. L’empreinte sera allégée si des matières d’origines renouvelables ou issues du recyclage d’autres matériaux sont incorporées dans sa fabrication.
Au stade de la fabrication, les quantités d’énergie utilisées sont différentes selon les produits :
Les choix de conception influent directement sur les quantités de matériaux de construction nécessaires et donc sur l’importance des prélèvements de ressources naturelles dans l’environnement. Les choix architecturaux et les techniques constructives sont à déterminer en ajoutant la prise en compte des consommations de matériaux induites.
Un hébergement touristique connaîtra plusieurs modifications et rénovations notamment pour maintenir une qualité de service et un niveau de confort toujours adaptés aux exigences des clients. Les matériaux d’aménagement intérieur devront être économes en ressources du fait de ces renouvellements. Au contraire, leur durabilité pourra être privilégiée pour espacer les requalifications liées à « l’usure » des locaux.
Sur le chantier, des économies significatives peuvent être obtenues (ou des gaspillages évités) en limitant les chutes par les techniques de calepinage et en recyclant les eaux de lavage par des systèmes simples de décantation.
Selon les choix faits au départ, le bâtiment arrivé en fin de vie sera plus ou moins générateur de déchets ultimes ou au contraire de matières valorisables. Il est donc important d’examiner les matériaux choisis selon leur capacité à être réutilisés sans transformation ou recyclabilité (pour obtenir d’autres matériaux). En ce sens, les matériaux non composites et les éléments facilement démontables facilitent l’étape de valorisation.
Les produits naturels et d’origine renouvelable sont mis à l’honneur dans la construction durable. On trouve sur le marché des matériaux de construction (pris au sens large) à base de :
Pensez aux bois de pays, en utilisant la production de la filière Forêt Bois du Nord :
Pensez également aux produits en lin.
Afin de ne pas perturber le cylce naturel de l'eau et l'infiltration des eaux pluviales dans le sol, les revêtements de sols doivent être perméables. De plus, pour les sols stabilisés il est préférable de choisir des liants végétaux moins polluants que les enrobés bituminueux.
CD2E (Création Développement Eco-entreprises) a pour mission de dynamiser le
secteur de l’environnement en région Nord-Pas de Calais. CD2E développe notamment une filière « éco-matériaux » et un réseau régional des acteurs de l’éco-construction. Pour
favoriser le développement de la construction dite à « Qualité Environnementale », CD2E identifie et analyse le cycle de vie des éco-matériaux et éco-techniques et aide à
l’émergence de produits et matériaux éco-conçus à partir de ressources locales. Il fédère aussi les acteurs de l’éco-construction en valorisant l’offre et les réalisations régionales,
en formant ces acteurs et en favorisant les échanges entre eux.